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Au bout de quelques mois, lorsque quelques progrès seront déjà accomplis, vous aurez peut-être la tentation d’arrêter là ou de ralentir vos expositions programmées. Vous aurez peut-être déjà repris une activité professionnelle et vous vous sentirez un peu plus libres face à vos troubles obsessionnels compulsifs. Je pense que c’est une réaction « normale », car vous avez déjà tant donnés dans votre lutte contre ces TOCs que vous pensez que le plus dur est fait et que cela diminuera tout seul. Vous continuez à avoir quelques obsessions et compulsions mais vous arrivez à les cacher aux autres et vous pouvez vivre avec.

Cependant, céder à cette tentation, c’est laisser une porte entrouverte au TOC.

En effet ces quelques obsessions qui restent risquent de se renforcer avec le temps, et il arrivera un moment où vous ne pourrez plus les affronter et devrez vous plier aux rituels qui en découlent sans pouvoir les empêcher. Et le pire serait que vous n’ayez plus la volonté pour les affronter. Il ne faut pas accepter de compromis avec les TOCs. Bien sûr il est possible que vous ne puissiez guérir totalement de vos troubles et que quelques uns subsistent plus tard, mais il faut veiller à ce que ceux-ci soient les plus faibles et les moins handicapants possibles pour vous. La clé est de transformer vos exercices en habitudes de vie. Profitez de votre expérience acquise pour renforcer votre carapace : votre raisonnement cognitif. De la sorte il redeviendra automatique et contrecarrera vos obsessions lorsqu’elle prendront naissance.

Donc continuez à voir votre thérapeute, à prendre vos médicaments et à faire des Expositions EPR.

Le TOC est un opportuniste : Il attend souvent un moment de fatigue ou de relâchement pour se réinstaller. En maintenant une routine d’exposition minimale mais régulière, vous envoyez un message clair à votre cerveau : « Je reste le maître à bord ». Ne voyez pas ces efforts comme une contrainte, mais comme une assurance pour votre liberté future. La persévérance aujourd’hui est le socle de votre sérénité de demain

Le cycle de l’habituation

En psychologie, on utilise souvent le schéma de la courbe d’habituation pour expliquer pourquoi il faut continuer les exercices.

Pourquoi est-ce un « piège » ?

  1. L’illusion de contrôle : On pense être guéri parce qu’on ne fait plus de « gros » rituels, mais on garde souvent de petits évitements subtils qui sont des graines de rechute.
  2. La lassitude thérapeutique : Faire des expositions est épuisant. Il est naturel de vouloir faire une pause, mais le TOC, lui, ne prend pas de vacances.
  3. Le retour de la pensée binaire : Le patient se dit : « Soit je suis malade et je fais des exercices, soit je suis guéri et j’arrête tout ». La réalité est qu’il faut apprendre à vivre avec une hygiène mentale préventive, comme un sportif continue de s’étirer même quand il n’est plus blessé.

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