« Cet article est une archive de 2008. Les informations peuvent ne plus être à jour. »
Il est important de maintenir la cohésion du climat familial quoiqu’il arrive. Vous ne devez pas permettre aux tocs de briser le cercle familial et vos habitudes.
La famille
Il est de nature humaine de chercher à soulager à tout prix la souffrance d’un être cher, parfois au détriment des autres membres de la famille. Il est toutefois nécessaire que ces membres comprennent la nature de ses troubles afin de pouvoir l’aider et le soutenir. L’explication est à adapter en fonction de l’âge de la personne concernée.
Pour un enfant en bas âge, vous pouvez lui dire que son frère/sa soeur est malade et se fâche parfois lorsqu’on touche à ses affaires, …
Expliquez-lui que cela n’est absolument pas de sa faute et que son frère/sa soeur l’aime. Les enfants ont tendance à s’attribuer l’origine du malheur des autres (”Il ne veut pas que je le touche. Il est en colère contre moi, il ne m’aime plus. C’est de ma faute!”).
Pour les adolescents, vous pouvez leur expliquer ce que sont les tocs, et leur manifestation.
Ménagez-vous
Il est important que vous preniez conscience que vous n’êtes pas responsable de son état, que les tocs ont une origine multifactorielle (éducation, évènement, travail, … ). Dédramatisez et ne culpabilisez pas. Si les tocs ne s’étaient pas manifestés aujourd’hui, ils auraient pu être déclenchés plus tard. L’important est de vivre au jour le jour avec les tocs et de batir des projets (sorties, activités, travail sur soi, relaxation, … ).
Gardez absolument vos activités, continuez à inviter des amis, à organiser des repas.
Ne laissez surtout pas les tocs prendre le dessus et vous dicter votre vie sociale, autrement vous vous isolerez des autres et finirez par être épuisée. Il vous faut préserver des moments à vous (sorties, associations, …). De cette façon, la personne atteinte de tocs continuera à avoir une vie sociale, et d’être confronter à des expositions. Plus vous empêcherez ses expositions, plus elle aura du mal à appréhender celles-ci et à reprendre une activité professionnelle, une vie sociale.
Il vous faut garder toutes vos forces et ne pas être submergées par les tocs de votre proche. De cette façon vous pourrez l’aider au-mieux.
Encore une fois, il est important de ne pas participer aux rituels, de ne pas tomber dans ce piège en voulant l’aider. Si celui-ci vous demande de vous laver les mains, de vous changer, de ne pas marcher sur une fissure du sol, ne le faites pas et expliquez-lui pourquoi : “Que crains-tu? Que pourrait-il arriver? Quelles chances cela a-t-il d’arriver?” Analyser avec lui les conséquences possibles et les probabilités de survenues d’un malheur. Aidez-le à batir un argumentaire et notez celui-ci sur un carnet. En cas de crises (forte angoisse), vous pouvez accéder à sa demande car l’angoisse est vraiment trop forte pour qu’il puisse la diminuer autrement. Puis proposez-lui de renouveller l’expérience le lendemain. Il faut le confronter avec ses obsessions régulièrement ( toujours commencer par les obsessions les moins angoissantes ).
Vous pouvez anticiper les réactions d’angoisse lors de soirées : en cas de forte exposition, dites-lui de s’isoler un instant afin de se relaxer, de se reposer, puis aller le chercher pour continuer la soirée avec lui. S’il se sent mal à l’aise devant les autres, dites-lui bien que personne ne le juge.
Le cercle familial ainsi préservé, le patient se sentira soutenu.