« Cet article est une archive de 2009. Les informations peuvent ne plus être à jour. »

Dans un précédent article, je décrivais l’obsession d’avoir percuté quelqu’un en voiture. Je vous précisais également que le moindre choc entraînait un fort bruit dans l’habitacle de la voiture, qui agit comme une caisse de résonance.

Pour vous en rendre compte, un exercice pourrait être de vous installer en voiture, portes fermées, et de demander à une personne de confiance de tapoter simplement avec un doigt sur la carrosserie ou sur une vitre.

Vous serez surpris de constater que même un choc minime produit un son parfaitement audible à l’intérieur. L’objectif de cet exercice est de graver dans votre mémoire sensorielle ce qu’est un « bruit de contact ».

L’astuce du « témoin sonore » : Si vous aviez réellement percuté un être humain ou même un objet imposant, le bruit ne serait pas un simple doute sourd : ce serait un fracas indéniable, souvent accompagné d’une secousse ressentie dans le volant. Le TOC joue sur le fait que vous doutez de vos sens. En réalisant cette expérience, vous donnez à votre cerveau une base de comparaison objective.


Essayez de ne pas faire demi-tour :
L’obsession vous poussera à regarder dans le rétroviseur, puis à faire demi-tour pour vérifier qu’il n’y a « personne sur le bas-côté ». C’est ici que le piège se referme. Chaque fois que vous faites demi-tour, vous confirmez à votre cerveau que le danger était réel. L’astuce est de vous dire :
« J’ai entendu le silence de ma voiture, donc il ne s’est rien passé. »
Prolongez votre route. L’angoisse montera en flèche, mais elle finira par redescendre si vous ne cédez pas à la vérification.

Le doute obsessionnel au volant

Ce type de TOC illustre parfaitement la méfiance envers sa propre mémoire et ses propres sens. Le patient ne fait plus confiance à ce qu’il a vu ou entendu « en direct » et a besoin d’une preuve absolue.

L’exercice de demander à un proche de tapoter sur la carrosserie s’appuie sur la réattribution cognitive:

  • Avant l’exercice : « J’ai ressenti une petite bosse sur la route, j’ai peut-être tué quelqu’un sans m’en rendre compte. »
  • Après l’exercice : « Je sais maintenant qu’un choc physique s’entend fort. Si je n’ai rien entendu de tel, c’est que mon cerveau interprète mal une simple irrégularité du bitume. »

Conseils modernes pour le « TOC du conducteur »

Aujourd’hui, on complète souvent cet exercice par d’autres techniques :

  1. L’acceptation de l’incertitude : Plutôt que de chercher à se rassurer (« Je n’ai rien tapé »), on apprend à se dire : « Peut-être que j’ai tapé quelque chose, peut-être que non. Je choisis de continuer à rouler malgré ce doute. » C’est cette acceptation du risque (aussi infime soit-il) qui finit par éteindre le TOC.
  2. Le délai de vérification : Si le demi-tour semble inévitable, on s’impose d’attendre au moins 15 minutes avant de le faire. Souvent, l’angoisse a déjà diminué de moitié avant la fin du délai.

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